Château de Vittel

Domaines des Von Frayner de Sparte
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Une invitation

Aller en bas 
AuteurMessage
Lara_von_dumb

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 05/11/2011

MessageSujet: Une invitation   Mer 21 Déc - 2:10

Quelques jours plus tôt.

L’avantage des navires c’est que c’est rapide mine de rien. Elle avait vu l’Empire, la France, l’Angleterre, l’Irlande en quoi ? Deux mois ? Et était de retour, alors qu’une traversée aller retour de la France duraient déjà au moins un mois. Tout cela en sachant qu’elle avait passé un mois dans un monastère entre la vie et la mort… C’était non négligeable la vitesse d’un navire, et comme son père ainsi que sa belle mère avant, elle avait succombé au plaisir de la navigation, et s’essayait à monter sa propre flotte pour rivaliser avec celle paternelle. Mais un navire, ce n’était pas un but en soi. Un navire, c’est le moyen d’atteindre un but. Elle ne pouvait pas errer sans fin sur la manche. Son père voyageait pour l’argent, en faisant du commerce de produit de luxe, mais elle… Elle n’avait pas souhaité s’encombrer d’écus avant de partir, ainsi quand on ne veut aller nulle part, et qu’il n’y a nul lieu que l’on souhaiterait découvrir, rapidement on tourne en rond. Plus encore à cause du fait, qu’elle n’avait pas prévu de partir longuement, le deuxième navire de sa flotte l’attendait dans les chantiers Comtois, et sachant que le premier avait au final été volé à un Lorrain par le conseil comtal, elle ne faisait pas assez confiance au dit conseil et conseillers, pour laisser son bien entre leurs mains trop longtemps. La logique s’était donc imposée lentement mais surement dans le jeune crâne vicomtal, elle avait enfin une première étape vers laquelle aller : Luxeuil, afin de prendre possession du sien navire. Après… Elle verrait.

La Vicomtesse informa son garde de sa destination dès qu’elle en vint à se décider, et comme toujours il se montra enjoué et prêt à aller où elle voulait… Cette fidélité inaltérable était source de bien des émois dans le petit cœur de la frêle jeune femme. Elle qui n’avait jamais eu de rapports trop rapproché avec les hommes, car surveillée en permanence par son père, avait avec son titre acquis une liberté qui la rendait perplexe… Elle était ainsi faite qu’elle avait besoin de directives, imaginez une jeune femme de 14 ans tiraillée par les pulsions toutes naturelles, qui se retrouve totalement seule sur un navire avec un homme furieusement beau, qui a tendance à la déshabiller ouvertement du regard, et que pour la première fois de sa vie, elle n’a personne pour lui rappeler que ça serait mal de succomber… Un enfer sur terre… Enfin sur mer. Et pourtant elle résistait vaillamment, coute que coute, mais s’était tout de même permise de rappeler à son père, qu’il voulait la marier, et que dans un monde aussi fou que le notre, il valait mieux ne pas attendre qu’on lui arrache sa vertu… Qu’il sache qu’elle pourrait peut être, être assez stupide pour la donner d’elle-même, ça… Il valait mieux éviter de le dire pour son pauvre vieux cœur. Surtout que zut, elle ne l’était pas si stupide que ça… Au moins 23 heures et demi sur 24 en tout cas. Quoi qu’il en soit la route fut reprise vers la terre natale, avec à son bord une Lara à la fois effrayée et tourmenté par son avenir personnel.

Comme toute femme qui se respecte, la première chose qu’elle fit arrivée à Luxeuil et donc sur la terre ferme après des jours en mer, fut donc de toute évidence, d’aller à l’auberge se débarrasser de la crasse et du sel qui enraidissait ses cheveux dans un bain salvateur. Cette absence de précipitation qui aurait pu la voir se rendre n’importe où ailleurs pour ses affaires ou son plaisir et louper un messager Gendreyen, lui permit donc d’avoir moins d’une heure après avoir largué les amarres, entre ses mains, une lettre de sa cousine et marraine, Jade.

Lettre pour le moins surprenante. Son père, lui avait parlé vaguement d’une invitation, et c’était à priori le but de la missive… Une invitation à Vittel. Il fallait remettre les choses dans le contexte, Lara n’avait jamais réussit à entretenir avec les femmes de sa famille Sparte une relation véritablement conviviale. Elle avait fortement essayé avec Idril, puis abandonné car le jumeau de celle-ci la méprisait plus que tout. Avec Victoire ça avait été depuis le début une catastrophe, qui au final se résumait surement à une seule chose : elles cherchaient toutes deux à se faire prévaloir auprès de Leif et Goclad, ceux-ci donnant leur préférence à chacune à tour de rôle pour avoir la paix, elles avaient elles même décidé d'abandonner momentanément les armes, mais la trêve était fragile. Elle avait beaucoup de respect pour Jade, mais elles n’avaient jamais prit le temps de véritablement lier des liens étroits, celle-ci ayant été duchesse de Lorraine depuis presque aussi longtemps qu’elles se connaissaient, Lara avait préféré la laisser vaquer à de plus nobles occupations, que de s’essayer auprès d’elle à la conversation. Elle n’avait avec les autres pas eu beaucoup d’occasion de les voir non plus. Tout naturellement il existait un lien inaliénable de soutient, d’entraide en cas de besoin, car il était impensable d’oublier la famille, mais… Mais ce qui était étrange justement c’est que la lettre ne recelait aucun motif. Le contenu n’était qu’une simple constatation que deux de ses cousins, une cousine, un mystérieux ambassadeur, et le vassal de la Duchesse, étaient actuellement présent auprès d’elle à Vittel.


Afff effrayant. Je ferai mieux de refuser, je vais encore tout gâcher.

Conclusion des plus surprenantes hein ? Pas tant que ça, si vous saviez qu’elle n’avait participé qu’à deux réunions ressemblant un minimum à quelque chose de familial… Les deux fois elle avait fini par partir en larmes, en reniant l’un ou l’autre de ses parents, ce qui s’était suivit par des mois d’embrouilles familiales. Pas surprenant quand on avait conscience que le demi-frère de sa cousine… Donc son cousin, la détestait, suite à des décisions qu’elle avait dut faire lors de son mandat comtal. Pas surprenant lorsque la cousine présente était la fille d’Erine, dont le seul nom donnait à Lara envie de renoncer à sa présence sur l’arbre généalogique des Sparte. Bon… C’était aussi la fille de Bobyzz, qui lui était un homme bien, elle ne devait donc pas la jouer par avance à cause du ventre duquel elle sortait, le masculin l’emporte toujours sur le féminin, non ? Mais c’était couru d’avance, elle allait énerver tout le monde, décevoir sa marraine… C’était son suicide familial social. Raison pour laquelle, elle se mit à son écritoire, pour signifier à sa cousine, qu’elle… Acceptait sa proposition.

Allez… ça fait quoi ? Cinq mois, que je n’ai pas véritablement été sociable, à boire tranquillement avec des gens qui ne sont pas animés soit par une envie de me tuer, soit par une bataille politique, c’est comme l’équitation, ça ne s’oublie pas. On sourit, on profite du repos, on montre qu’on a rangé les dents… Dans la pire hypothèse qui soit, j’ai un bateau pour retourner m’enterrer en Angleterre. Tout va bien… Respire.

L’écriture était tremblante sur les bords, mais rapidement la lettre de réponse fut rédigée.

Citation :
Mon estimée cousine et marraine,
Mes salutations et respects.

Je suis ravie ce jour de vous lire, et souhaite de tout cœur, que vous-même et vos enfants vous portiez à merveille. Votre fils doit être un petit homme plein de vie et de charmes maintenant, bien qu’encore un peu jeune pour faire des ravages autres que sur sa mère et ses grandes cousines pour encore quelques années.

Je vous remercie pour vos prières quant à ma sécurité, surement ont-elles appelées le seigneur à se montrer miséricordieux, en effet mon voyage, fut conformément à vos souhaits dépourvu de brigands et pirates. Actuellement de retour en terres comtoises, le hasard à voulu que votre lettre me parvienne alors que la lorraine et votre fief sont de moi, plus proches géographiquement que jamais.

Il me faut avouer, que depuis l’âge de ma majorité, j’ai en quittant le cocon paternel peut être oublié la signification des mots tels que détente, famille et rencontres amicales. Ainsi votre proposition, semble receler de promesses de divertissement et d’ouverture que je ne saurai décliner. Je suis enchantée que vous ayez songé à m’offrir votre hospitalité, et m’empresse d’accepter votre invitation. Il me faut néanmoins profiter de ma présence en Franche Comté pour régler quelques impératifs. Mon arrivée se fera donc, un jour après celle de ce messager.

Bien à vous,
L.

Le messager grassement payé s’en alla, avant qu’elle ne reconsidère sa prime, et lentement la vicomtesse en vint à se détendre et à se laisser imprégner par ses paroles. Oui. Ça irait, ça serait parfait et ils s’amuseraient.

Elle aurait plus que tout aimé avoir Goclad, Leif ou Ares présents à ses cotés, mais après tout, elle n’avait pas tremblé quand elle s’était jetée sur un officier de l’hydre pour lui faire ravaler ses insultes a sa famille, elle ne tremblerait pas de passer du temps avec la dite famille.


Le jour J.

La voiture aux armes de Gendrey qui aurait dut la ramener sur les dites terres, l'emmenait donc enfin et finalement sur les terres comtales de Vittel. La jeune femme qui avait déjà beaucoup trop de sujet d'anxiété, avait donné quelques jours de congé à son conseiller/garde du corps, et avait préféré s'entourer d'une garde plus conséquence, et moins fantasmatique. Oh bien sur ce n'était pas que pour le repos de son esprit, car aussi étrange qu'il y paraisse, sa vie était bien plus en danger sur ses terres natales chaque jours, que plusieurs mois en mer.

Elle avait si peu mis le pied à terre, que son regard était en corps étonné lorsqu'il observait la neige qui recouvrait l'entier paysage de blanc revêtu à la descente de son carrosse, laissant aux serviteurs la charge de l'annoncer.


Mademoiselle Lara von Dumb de Sparte, Vicomtesse de Gend...

La voix s'éteignit, et l'ensemble des visages se retourna alors vivement vers elle, alertés par le bruit, alors qu'elle venait avec autant d'élégance, de raffinement et de noblesse dont on peut faire preuve dans ces cas là, de glisser et d'attérir à plat dos sur le sol. Elle aurait surement au moins la chance, que sa maladresse ne fut visible que par des serviteurs.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Romain

avatar

Nombre de messages : 148
Localisation : Vittel
Emploi/loisirs : Serviteur et cocher
Date d'inscription : 26/06/2011

MessageSujet: Re: Une invitation   Mer 21 Déc - 3:38

Il avait demandé aux gardes de le faire prévenir dès que la Vicomtesse serait arrivé. La Duchesse avait été formelle, sa cousine, ex Franc Comtesse méritait tous les égards dus à son rang. Précaution inutile car Romain avait l'habitude de faire attention aux invités, il était au service de la maîtresse des lieux depuis sa première Seigneurie et savait quoi faire.

Il arriva dans la cour d'honneur au moment où le carrosse franchissait le pont-levis. Romain se dirigea vers la Vicomtesse qui mettait pied à terre alors qu'on l'annonçait, il s'inclina respectueusement comme son père le lui avait appris mais oh ! celle-ci s'étalait par terre avant qu'il ait eu le temps de réagir. Il se pencha en offrant son bras à la damoiselle von Dumb de Sparte, attendant que celle-ci choisisse de le prendre ou non... on ne touche pas un noble, il le savait !


Je vous en prie Vicomtesse, prenez mon bras pour vous relever.

Des yeux il chercha la cause de la chute et vit une petite plaque de glace invisible sous la neige mais qui se trouvait désormais exposée à vue. Il était fort mal à l'aise, espérant que la jeune femme soit plus clémente que le Comte de Sochaux face à cette bourde de la domesticité vitteloise.

Êtes-vous blessée Vicomtesse ? Souhaitez-vous que je fasse quérir l'apothicaire du Duché ?

Il fit signe aux serviteurs de porter les malles de la Vicomtesse jusqu'à sa chambre.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lara_von_dumb

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 05/11/2011

MessageSujet: Re: Une invitation   Mer 21 Déc - 13:54

L’envie l’envahit un instant de rester là les yeux fermés, d’oublier le déshonneur d’une telle conduite, ses précepteurs d’antan l’auraient très surement vertement réprimandés, et fait valoir qu’elle n’avait qu’à ouvrir les yeux, et faire attention où elle mettait les pieds ! Et le motif qu’elle allait donner dans un instant n’aurait pas paru suffisant à pardonner sa maladresse. Mais la blonde fini par oublier ses leçons passées, et ouvrit bien grand ses yeux d’azurs pour détailler l’homme qui la surplombait avec d’étranges signes d’anxiétés. Elle n’avait pas souvent l’occasion d’observer ainsi un adulte tout en étant couchée sur le sol, la différence de taille… Bien qu’étant de nature petite, donnait sur un point de vue en soi rafraichissant, bien que le rafraichissement venait peut être de la neige qui s’infiltrait sous son col. Avec une spontanéité propre aux enfants, bien qu’à quatorze ans elle soit « adulte », elle parti d’un rire clair et joyeux, se saisissant sans hésiter de la main qui lui était tendue pour se relever. Oh bien sur elle avait eu les leçons de morales qui disaient qu’il était interdit de toucher un homme, et les appliquait à la règle, mais aussi bête que cela pouvait paraître, il n’était en cet instant à ses yeux pas un homme, mais un serviteur, et on lui avait apprit à faire confiance aux serviteurs.

Veuillez me pardonner… Mal de terre.

Le rire s’estompa rapidement alors qu'elle revenait à la verticale, et un sourire s’étira sur ses lèvres, tandis qu’elle secouait rapidement sa cape, cela faisait déjà deux jours qu’elle avait mit pied à terre, et elle s’était habituée aux symptômes de cet étrange mal, qui selon les avis devrait s’estomper en moins d’une semaine, ce n’était donc plus qu’une question d’heures ou de jours... Mais jusque là son équilibre précaire avait été préservé de l'extérieur et de la neige.

Blessée ? Que nenni, il en faut plus pour terrasser une comtoise qu’un peu de neige, j'ai juste été surprise... Il n'y avait pas encore de neige la dernière fois que j'étais à terre.

Malgré la neige qui fondait lentement dans son cou descendant le long de son dos, elle réussit à se retenir de gigoter, grimacer, ou autres singeries pour l’instant, mais la sensation était diablement insupportable, et comme tout être humain qui se respecte, elle ne saurait pas rester éternellement immobile, chaque seconde qui passait mettait à l'épreuve sa volonté. Ajouter à cela que le sol continuait à tanguer, son estomac vaguement tourmenté. Aussi affirma-t-elle avec assurance son désir de suivre ses affaires, rester debout dans la neige, ne l’aiderait assurément pas à donner une impression de grasce et noblesse.

Me permettriez-vous d’aller me rafraichir, j’ai bien peur que ma tenue ne soit plus véritablement très adaptée à une rencontre maintenant qu’elle est humide.

La question était purement rhétorique, et, en fournissant tous les efforts possibles pour ne pas choir à nouveau, la jeune femme s’engouffra à la suite de ses affaires, vers, elle le présumait ses appartements.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Romain

avatar

Nombre de messages : 148
Localisation : Vittel
Emploi/loisirs : Serviteur et cocher
Date d'inscription : 26/06/2011

MessageSujet: Re: Une invitation   Mer 21 Déc - 16:52

Ouf ! Elle riait ! La damoiselle n’était donc point blessée. À vrai dire, de façon fort égoïste, le serviteur avait par ricochet penser à sa peau. Il ne savait jamais ce qui arriverait avec la famille de la Duchesse et ne tenait pas à finir éventré comme son collègue. Se saisissant de son bras pour se relever, la Vicomtesse s’excusa, ce qui provoqua le malaire de Romain, peu habituée à cela, la dernière personne ayant été aussi gentille avec elle était la tante de Sa Grâce. Il sortit de ses pensées vagabondes et répondit à sa question qui n’en était pas une en s’inclinant.

Je vous en prie, je vous conduis immédiatement !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Une invitation   

Revenir en haut Aller en bas
 
Une invitation
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Château de Vittel :: Domaine du Duché de Vittel :: Château de Vittel :: Extérieur du Château :: Pont-levis-
Sauter vers: