Château de Vittel

Domaines des Von Frayner de Sparte
 
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 À toujours, dans la vie et dans la... naissance *

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Jade
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MessageSujet: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:18

Jade.de.sparte a écrit:
"Car telle est sa vertu : ceux qui en boiront ensemble s’aimeront de tous leurs sens et de toute leur pensée, à toujours, dans la vie et dans la mort."
* Le Roman de Tristan et Iseut - Joseph Bédier


La couche était froide, vide à ses côtés. La masse de cheveux roux se détacha de l’oreiller, cherchant des yeux ce que ses doigts ne trouvaient pas, le corps de son époux. L’émotion étrangla sa gorge, il était à son devoir, avait pris les armes pour ne pas qu’elle le fasse. Ses mains revinrent se loger contre son ventre pour le caresser, ce que faisait si fréquemment Ezequiel, espérant que leur poupon à naître continuerait à se montrer vigoureux. Les draps furent remontés à son menton, cherchant le réconfort par la présence trop délicate du tissu. Rien n’y fit.

Repoussant les draps, elle prit un châle dont elle s’enveloppa par-dessus sa chainse et marcha, pieds nus, ventre rond et dur, jusqu’à une petite table. Elle caressa la plume, hésitant à se lancer, non par recherche des mots, mais plutôt son contraire, ceux-ci se bousculaient, l’envahissaient. Bientôt l’encre gorgea la plume et gratta le vélin avec un élan, d’un seul jet.


Citation :
Ezequiel, mon bien-aimé, mon tendre, mon amour,

Tu viens à peine de partir que déjà mon cœur saigne de cette séparation. Nous voilà séparés pour la première fois depuis que tu m’as rejoint en Italie où nos routes se sont liées à jamais pour devenir unique, jointes pour la vie.

Est-ce le fruit d’un philtre puissant qui unit alors mon âme à la tienne lors de cet échange épistolaire qui fût nôtre ? Alors que pourtant nos yeux ne s’étaient jamais croisés, déjà la magie opérait, je te découvrais, je me livrais, je lisais tes mots avec une avidité sans borne, attendant chaque lettre fébrilement. Quel sortilège s’empara de nous à cette première rencontre ? Un sentiment si fort que je ne puis y songer sans en être bouleversée. Ton seul regard de braise avait suffi à faire céder mes remparts. Depuis, mon cœur fut tien, lié par un amour passionné et sincère.

Je t’ai promis d’être prudente, de faire attention à moi et à notre petit bébé, saches que je fais au mieux pour respecter mon serment, que mes prières ont été pour toi, que mes pensées sont constamment dirigées vers mon aimé, que mon cœur ne bat qu’en pensant à nos retrouvailles.

Mon aimé, je t’en prie, sois prudent malgré ta bravoure, ne songes qu’à me revenir en vie lorsque tout cela sera terminé. Je t’attendrai, aimante comme au premier jour, non encore plus qu’à ce moment car mon amour ne cesse de croître à chaque jour de bonheur près de toi.

Je t’envoie mes baisers les plus ardents mon adorable combattant ! Que le Très-Haut veille sur toi comme je lui ai demandé… Je t’aime plus que tout…

Ta Jade, ta petite femme chérie

Le parchemin fut scellé et confié à un des pigeons de sa volière, le regard voilé, Jade retourna dans la couche, espérant gagner quelques heures de sommeil avant une longue journée.

Jade.de.sparte a écrit:
"Oh ! qu'il est cruel d'aimer alors qu'on est séparé de l'être qu'on aime !" *

Elle n’avait pas attendu de réponse immédiate. Un homme dans une armée avait beaucoup à faire, se doter d’encre et de vélin n’entrait certes pas dans les nécessités et urgence. Ses mains se posèrent sur ses joues, pensive, que faisait-il à cet instant ? Sûrement veiller à son armement. La belle rousse l’imagina en cotte de maille tel qu’à son départ, alors qu’il l’avait rejoint pour un dernier moment d’intimité entre les époux. Il s’était montré tendre et doux mais si soucieux. Elle lui avait parlé dans sa langue et en retour, écoutait le son de sa voix, ce timbre de voix chaud avec une note de soleil qui résonnait en elle avec émotion. Depuis qu’elle avait croisé son regard, plus aucun homme n’avait capté l’attention de ses yeux et elle savait qu’il en serait toujours ainsi.

Jade se leva, se dirigea vers la fenêtre et regarda la nuit étoilée, troublée. Elle s’ennuyait de ses enfants laissés à l’abri en Lorraine, de son époux avec l’armée et cet enfant qui n’était pas encore né l’accaparait sans pour autant lui demander d’attention. Finalement, le choix qu’elle avait voulu logique était celui qui l’était le moins, malgré les lourdes responsabilités qui lui incombaient, elle s’ennuyait, s’épuisait, s’étiolait.


Viens mon bébé, mon ange, le bonheur à son papa… nous allons lui écrire

Mains sur son ventre, dont l’arrondi était marqué par 7 lunes de gestation, l’enfant se montrait heureusement vigoureux. Mais le visage de la jeune femme montrait un air triste néanmoins, bien qu’il s’agissait des semaines les plus pénibles à venir, c’était celles où l’enfant bougerait le plus, qui aurait réjoui son père.

Jade demeurait néanmoins préoccupée au sujet de la sœur d’Ezequiel, Gabriela. Elle découvrait des pans jusqu’alors inconnus, elle aurait voulu lui en parler mais se retint, craignant de l’inquiéter inutilement et l’épouse, tût ses craintes pour ne pas accabler son époux de soucis, se concentrant davantage sur les mots doux, occultant l’affront.


Citation :
Oh ! mon doux époux, mon tendre aimé !

Je t’avais promis de t’écrire régulièrement, de te donner des nouvelles et c’est avec empressement que je m’exécute, fidèle à nos engagements ! Tu dois avoir si peu de sources de divertissement mon tendre chéri !

Que te dire hormis que notre enfant se montre tout aussi vigoureux qu’à ton départ, que mon ventre que tu as rendu fécond par l’amour que tu me portes est bien rond et dur, que selon l’adage "Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé" **

Car oui, mon monde n’est plus le même sans toi, toi mon havre, mon port, mon soleil, ma vie ! Toi qui fait que chaque jour a un goût de miel, que j’ai envie d’en passer chaque minute en ta compagnie, toi mon amour, pour toi…

Te souviens-tu de cette correspondance où nous échangions poésie ? J’ai trouvé celle-ci que je t’envoie mon bien-aimé

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir ! ***

Oh mon adoré ! Oui, ton souvenir est en moi ! Je le porte et l’affiche fièrement en mon sein ! Je conserve précieusement en moi ce qui est nôtre, notre avenir, notre joie !

Mon amour, j’irais en enfer si tu me le demandais plutôt que de passer une autre nuit loin de toi ! Que je te rejoigne à Poligny ! Que je mette fin à cet exil qui me tarit ! Que nous soyons à nouveau réunis !

Soy tuya para siempre, tu querida totalemente enamorada de ti

Te beso locamente, apasionadamente! ****


Ta Jade


[hrp]* Victor Hugo
** Alphonse de Lamartine
*** Harmonie du soir, Charles Baudelaire
**** Je suis tienne à jamais, ta chérie totalement amoureuse de toi
Je t'embrasse follement, passionnément !
[/hrp]

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Dernière édition par Jade le Ven 12 Avr - 5:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:19

Jade.de.sparte a écrit:
"L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime.
Tant que mon coeur battra,
Toujours il te dira
Rappelle-toi" *


La journée avait été rude mais moins que la veille. Plongée dans le travail pour échapper à la souffrance de la séparation, la flamboyante rousse ne connaissait rien d’autre que ce moyen pour supporter son lot. Chacun faisait des sacrifices pour son devoir, celui de Jade avait été de se séparer de ses enfants et de son époux. Elle ne regrettait aucunement avoir accompagné Ezequiel pour une partie du voyage, bien qu’elle l’ait sûrement inquiété avec ses malaises.

La noble reposa sa plume et rangea les parchemins, s’étirant tel un chat au lever. Son corps avait changé avec la grossesse, le ventre certes mais également la poitrine qui avait pris du volume, fidèle à la nature, se gorgeant pour le poupon à naître. Les coutures craquèrent. Encore une robe un peu trop juste que la couturière devrait reprendre. Elle sonna sa servante qui vint la dévêtir et lui passer une chainse pour la nuit après l’avoir aidé à sa toilette. Mais le sommeil ne la gagnait toujours pas… cette couche était trop froide pour la rouquine. L’hôtel particulier de son oncle ne manquait à aucun confort mais la présence d’un époux ne pouvait se remplacer. Soupirant, elle se résigna, se releva, s’enroulant dans une chaude couverture, glissant lentement jusqu’à l’encrier. Une première missive fut envoyée à ses enfants.


Citation :
Mes anges, mes chéris, mes amours !

Comme vous me manques mes trésors ! Maman va très bien de même votre beau-papa et votre petit frère ou petite sœur dont la naissance approche. J’espère que vous êtes bien sages tel que promis. Profitez-vous des jardins pendant l’hiver ? Comme j’aimerais être près de vous !

Maximilien mon chéri, t’occupes-tu bien de ta sœur ? Et toi ma princesse, es-tu gentille avec ton frère ? Carlotta est là si vous avez besoin et elle me rejoindra.

Je vous aime tendrement, je pense très souvent à vous deux

Doux baisers et tous pleins de câlins !

Maman

Toujours plume en main, ce fut des mots moins tendres et plus énamourés qui vinrent à ses lèvres pour se transporter sur le vélin.

Citation :
¡Mi querido esposo, mi corazón, amor de mi vida! **

Comment différencier le jour de la nuit lorsque l’astre ne brille plus au firmament ? Oh toi ! Mon soleil que j’attends avec impatience ! Mon aimé ! Mon tout ! Le ciel ne peut plus être le ciel s’il lui manque son étoile ! Dois-je commander Éole de te ramener vers moi ? Certes ! Il le faut ! Et en lisant ces vers, je me suis convaincue de cette demande !

Pour le retour du Soleil honorer,
Le Zéphir l'air serein lui appareille,
Et du sommeil l'eau et la terre éveille,
Qui les gardait, l'une de murmurer

En doux coulant, l'autre de se parer
De mainte fleur de couleur nonpareille.
Jà les oiseaux ès arbres font merveille,
Et aux passants font l'ennui modérer ;

Les nymphes jà en mille jeux s'ébattent
Au clair de lune, et dansant l'herbe abattent.
Veux-tu, Zéphir, de ton heur me donner,

Et que par toi toute me renouvelle ?
Fais mon Soleil devers moi retourner,
Et tu verras s'il ne me rend plus belle. ***

Ma main guide la plume, tout comme elle le fait quand elle tient les rênes de Tornade quand nous chevauchons côte à côte. ¿Te recuerdes mi querido de nuestro primer encuentro? **** Ce jour est à jamais gravé dans ma mémoire… le jour où, l’amour me submergea…

Notre enfant s'agite, devinant sûrement que j'écris à son père, le bonheur à son papa, grandit en mon sein, fidèle à notre amour. Ce petit être qui, déjà, te chérit tout autant que sa mère !

Mon coeur est tien, à jamais !
Je te couvre de doux baisers !

Ta petite femme qui t'adore, ta Jade

Elle sonna à nouveau, confia les missives à sa servante puis retourna vers le lit, hésitante. Là sur une chaise, une chemise qu'il n'avait pas emportée. S'en emparant, elle se glissa dans le lit, recroquevillée sur elle-même, du moins autant que faire se peut à ce stade de la grossesse, le visage enfoui dans le vêtement, elle parvint enfin à s'endormir.


[hrp]* Rappelle-toi, Alfred de Musset
** Mon cher mari, mon cœur, l'amour de ma vie!
*** Pour le retour du Soleil honorer, Louise Labé
**** Te souviens-tu mon bien aimé de notre première rencontre ?
[/hrp]


Ezequiel.a.joaquin a écrit:
Quelques lettres avait été reçues qui reçurent nombre de baisers avant, pendant, et après leur lecture, mais les affres du campement, les installations, les soins aux bêtes et autres joyeusetés toutes militaires n'avaient pas permis à l'Ibère de s'attabler plus tôt pour répondre à son épouse. La chose enfin possible, il prit plume et prépara le rapace pour qu'il soit lesté au plus vite d'un pli à sa femme.



Citation :
Ma petite chérie,

Merci pour tes lettres, qui m’ont réchauffé le corps et le cœur. La froideur du dehors n’est rien face à celle que je sens collée à moi, alors que je passe chaque nuit loin de toi. Il me semble des lustres depuis notre baiser d’au revoir, et il me tarde d’enfin te serrer dans mes bras.

Pour l’heure, rien de nouveau, nous sommes encore en paix. Je veille à panser Marquès et à entretenir son entrain, si toutefois la situation changeait. Prendre soin de lui m’aide à passer ce temps qui me semble bien long sans toi, et je crois bien m’en être occupé plus que de raison ; lui, a l’air d’en être plutôt heureux… Il faut bien que l’un de nous le soit.

Je pense bien à toi et à Baspa. Chacune de mes pensées vont vers vous, et faire tes enfants, qui, je l’espère, se portent au mieux. Ils doivent eux aussi trouver le temps bien long, loin de Maman. Je suis heureux que notre enfant soit plein de fougue et de vigueur, et, pour tout te dire, je n’en suis pas surpris, au vu de ses parents. Comme j’aimerais m’endormir, toi au creux de mes bras, ma main sur ton giron fécond, et sentir la vie bouillonner sous ma main !

Dis-lui que papa pense bien à son petit bonheur, et qu’il se languit de vous deux. Ici, tout me semble froid, et je gage que les toits enneigés sont moins glacés que cette couche où je ne m’étends pas.

Je m’entraîne, longuement. J’en ai craqué une paire de ces gants que j’affectionne tant, et il me faudra trouver un tanneur, pour les remplacer, si j’ai le temps. Le temps… insaisissable et fuyant, mais si vide de toi.

Reçois, mon amour, mes plus tendres élans,

Ton Ezequiel.

PS : Tu vois, même en veillant, moi aussi, je pense à quelques mots pour toi.

Le tango lent de ton sang dans mes veines...
J'entends battre ta vie plus que la mienne !
Quand la nuit rapproche ceux qui sont loin,
Un matin prend ma place et je m'éteins

Nulle envie, nulle pensée pour personne...
L'absence à tout prix, que l'on me pardonne,
Quand on n'est même plus la moitié d'un,
Comme un billet déchiré ne vaut rien...

Les saisons ne sont plus que de passage.
Les couleurs ont déserté mes images.
Je reverrai tout quand tu seras là.
Je repeindrai tout quand tu reviendras.

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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:23

Jade.de.sparte a écrit:
Un pli pour la Duchesse Impériale

S'en emparer était un euphémisme, tant les doigts se crispèrent sur le vélin en y reconnaissant l'écriture. Elle lisait, relisait, larmes aux yeux, alternant entre les baisers posés sur le parchemin, le serrant parfois contre son coeur, riant tout à la fois, entièrement fébrile. Elle avait l'impression qu'une éclaircie se profilait dans son ciel ; son homme allait bien ! Elle n'avait besoin que de celà... mais en plus, chaque ligne parlait de son absence, Jade ressentait bien à quel point les époux n'en pouvait plus d'être éloignés, même pour une si courte durée.

C'est résolue, que glissa le parchemin dans son corsage, inconfortable certes, mais elle le voulait proche. Sonnant sa servante, elle avait pris une décision.


Rothrude, préparez mes affaires, nous voyagerons léger mais nous partons ! Prévenez Romain.

Maintenant, elle avait à écrire, des proches à aviser, des dispositions à prendre. La plume se fit rapide, hâtive, la Duchesse y imposant un tempo ferme dénotant son impatiente fougue. Ezequiel ne devait pas savoir ce qu'elle projetait mais elle devait faire preuve de prudence. Jade se mordit la lèvre, elle n'écoutait que son coeur en cet instant.


Jade.de.sparte a écrit:
Un pli pour la Duchesse Impériale

S'en emparer était un euphémisme, tant les doigts se crispèrent sur le vélin en y reconnaissant l'écriture. Elle lisait, relisait, larmes aux yeux, alternant entre les baisers posés sur le parchemin, le serrant parfois contre son coeur, riant tout à la fois, entièrement fébrile. Elle avait l'impression qu'une éclaircie se profilait dans son ciel ; son homme allait bien ! Elle n'avait besoin que de celà... mais en plus, chaque ligne parlait de son absence, Jade ressentait bien à quel point les époux n'en pouvait plus d'être éloignés, même pour une si courte durée.

C'est résolue, que glissa le parchemin dans son corsage, inconfortable certes, mais elle le voulait proche. Sonnant sa servante, elle avait pris une décision.


Rothrude, préparez mes affaires, nous voyagerons léger mais nous partons ! Prévenez Romain.

Maintenant, elle avait à écrire, des proches à aviser, des dispositions à prendre. La plume se fit rapide, hâtive, la Duchesse y imposant un tempo ferme dénotant son impatiente fougue. Ezequiel ne devait pas savoir ce qu'elle projetait mais elle devait faire preuve de prudence. Jade se mordit la lèvre, elle n'écoutait que son coeur en cet instant.

Jade.de.sparte a écrit:
Mais je désire un bonheur que j'ai déjà: ma libéralité est aussi illimitée que la mer, et mon amour aussi profond: plus je te donne, plus il me reste, car l'un et l'autre sont infinis. *

Elle avait attendu, que pouvait-elle faire d'autres ? Des hommes, à sa solde, étaient postés aux entrées de la ville avant de la faire prévenir de son arrivée. Le cœur battant, la tête dans les nuages, nerveuse, Jade se levait au moindre son, en émoi. La déception s'affichait néanmoins peu à peu sur ses traits, non pas contre son époux, il n'était en rien responsable ! Mais plutôt qu'on l'avait empêchée de partir en lui disant qu'elle allait le revoir, qu'il venait avec les troupes. Anxieuse, elle avait écrit, s'était informée... ils n'avaient pas encore bougé...

La flamboyante rousse se mit à regretter de ne pas avoir prit la route plus tôt comme elle le souhaitait. Elle dépassait le stade de la déception à cette heure mais elle devait se ressaisir. La vie sans Ézequiel lui était pesait, ses enfants lui manquaient, seule la naissance prochaine l'aidait à ne pas crouler sous le poids qui pesait sur ses délicates épaules.

Les instructions furent données, à nouveau pour un départ, c'était décidé. Néanmoins, son époux se languissait sûrement d'une lettre et la plume fut de nouveau utilisée comme complice pour les échanges doux de deux cœurs qui ne supportaient plus l'absence.


Citation :
Mon aimé, mon tendre amour, mon époux adoré !

J'ai reçu ta lettre... Oh mon chéri ! Je l'ai lu, à fleur de peau, fébrile, au comble du bonheur ta missive. Je l'ai lu tant et tant de fois qu'à certains endroits les mots s'effacent quand ce n'est pas les traces de mes baisers qu'on y voit !

Je la porte sur mon cœur en tout temps, pour sentir ton amour à travers ce vélin, que je perçoive à chaque battement de mon cœur ! Mon bien-aimé, les secondes me paraissent comme des éternités... tout de toi me manque, du moindre regard de braise posé sur moi, ton sourire enjôleur, tes bras réconfortants qui m'enlacent, tes gestes doux, tes baisers qui me chavirent.

Notre petit ange profite, devenant fort un peu plus chaque jour, si j'en crois les coups que je reçois et l'arrondi très prononcé de mon ventre.

Ezequiel, mon amour, je rêve de nos retrouvailles, du moment où mes lèvres renoueront avec les tiennes, que nos yeux se noieront dans l'infini, quand la chaleur de ton corps se fera sentir contre le mien. Saches que je pense à toi à chaque instant, que mon amour demeure constant, indéfectible, fidèle!

Je t'envoies des milliers de baisers qui ne seront jamais assez nombreux pour l'homme que j'aime !

Ta petite femme chérie



[hrp]* Roméo et Juliette, Shakespeare[/hrp]

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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:25

Jade.de.sparte a écrit:
Elles étaient arrivées.. enfin ! Saines et sauves surtout malgré les rumeurs de brigandage entre Poligny et Saint Claude. L'escorte avait été avisée d'être sur le qui-vive, mais Jade demeurait néanmoins prudente, ayant glissé une dague, à l'insu de Gabriela, dans le repli de ses jupes comme ultime recours. Si la flamboyante rousse discutait de tout et de rien en chemin, abordant les sujets les plus divers au gré de leur imagination, son esprit demeurait fixé sur un but ; revoir Ezequiel et il devait en être également de même pour sa belle-soeur. Aussi, dès qu'elle arriva, une courte missive fut immédiatement envoyée à son époux

Citation :
mon tendre et merveilleux aimé

je suis arrivée à Saint Claude... je sais, ne me dispute pas... je n'en pouvais plus sans toi... j'ai réservé cette auberge près des remparts ouest de la ville, sauras-tu m'y rejoindre ? je me languis de toi....

ta Jade chérie qui t'aime plus que tout

Gabriela se vit offrir une jolie chambre sur le côté sud de l'auberge et Jade insista pour qu'on fit de belles flambées dans toutes les chambres surtout celle de sa belle-soeur, lui trouvant pâle mine. Bien qu'inquiète pour la jeune fille, ses pensées étaient tournées entièrement vers le bel Ibère. Fébrile, la Sparte attend anxieusement son époux, guettant le moindre son, se levant régulièrement pour aller voir a la fenêtre, se rassoyant, se relevant, tournant en rond, replaçant un pli de sa robe ou une mèche de cheveux, caressant son ventre rond et dur, tout pour la faire patienter.

Elle aurait fait n'importe quoi pour lui, tant qu'elle était avec lui.

Jade.de.sparte a écrit:
Ils s'étaient retrouvé; deux âmes qui s'étaient languies d'une séparation non voulue. Il avait été étonné de la voir, bien entendu, mais trop heureux d'être à nouveau ensemble, le couple s'était muré dans la joie de leur univers. Une main se posant sur son ventre fécond qui avait profité, des lèvres qui ne demandaient qu'à s'unir à nouveau, le derme qui appelait les doigts, des bras qui formaient un rempart sur leur bonheur, tout avait manquait cruellement à la flamboyante rousse. Elle avait renoué avec la chaleur d'une couche conjugale et ne voulait plus que la nuit s'arrête, ne souhaitant qu'une chose ; qu'il reste ainsi près d'elle, tendrement lové, une main rassurante sur son ventre rond.

La jeune femme n'avait pu se résoudre à se séparer de son époux, au comble du bonheur car il était là, sa seule présence relevait quasi du rêve. Les époux profitait de ces instants ignorant combien de temps leur était accordé, quelle serait la durée de leur répit. Celui-ci fut court, bien qu'intense, ils avaient été distraits de cette union retrouvée par la maladie de Gabriela. Inquiets, ils avaient été à son chevet. Le bonheur avait été bref, relayé par les appréhensions causées par la maladie de la jeune fille.

Mais le devoir rappelait à nouveau l'époux, le futur père, le frère, tant de rôles pour un seul homme qui était profondément aimé. À regret, Jade dut se résigner, ses bras se forcèrent à l'abandon, ses lèvres quittèrent les siennes après lui avoir exprimé tout l'amour qu'il lui inspirait. Promettant de prendre soin de leur enfant et de sa sœur, la rouquine dit finalement les mots qui lui pesaient, elle détestait dire "aurevoir", aussi dit-elle rapidement à la suite
"je te rejoindrai vite mon amour... je viendrai... pour toi, où tu seras..."


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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:30

Berthegrace a écrit:


Hôtel particulier du sieur Goclad, voila la seule adresse que la nounou de Séwen, Berthegrace avait dans sur un bout de vélin, bien a l'abri au creux de sa main..
Princess Sewen l'avait envoyée à sa place pour assister son Altesse Jade de Sparte, a enfanter.
Les ruelle étroite de la bourgade se Dole, lui rappelait des souvenirs assez lugubres, et elle ne trouvait pas ou peu de changement à la ville.

Au détour de la rue qu'elle quittait, elle aperçut enfin la bâtisse, qu'elle connaissait, pour y avoir longée souvent les murs qui l'emmenait aux cuisine, la ou elle avait commencé sa vie.
;ais pour ce jour, elle allait entrer par la grande porte, et c'est sans appréhension que la femme d'âge mure, lâchât le heurtoir, contre la lourde porte a plusieurs reprise.
Attendant qu'on lui ouvrit l'huisse, elle regarda autour d'elle admirant pour une fois l'entrée principale.


Jade.de.sparte a écrit:
Le destin est une étrange chose, il vous offre des joies et des malheurs en alternance, n’ayant cure de vos réactions. Il offre des opportunités ou ferme des portes, vous tend une main ou la retire, toujours à son gré et non au vôtre. Et c’est lorsque vous pensez que les beaux jours sont votre que le ciel s’assombrit sans raison aucun. Assise près du feu, châle sur ses épaules, les joues rougies par la fièvre, la douleur tenaillant son corps, la jeune femme tentait de vaincre ce mal qui rongeait une partie de la ville. Cela avait débuté avec Gabriela, puis, le lendemain, Ezequiel qui l’informait de Poligny pour lui dire qu’il en était atteint. Jade avait été prise en étau, demeurée avec Gabriela qui était malade alors que son époux avait aussi besoin. Ce n’est que lorsque la fièvre de l’enfant fut moins forte, qu’elle autorisa le déplacement et pouvoir s’occuper du frère et de la sœur. Toutefois, le plan ne se déroula pas comme prévu et ce fut une Jade atteinte aussi qui arriva à Poligny.

Incompréhension et tristesse furent le lot de ce triste épisode polinois où la Sparte, inquiète des douleurs qu’elle ressentait, son ventre se durcissait et se contractait, n’avait pas su en faire part à son mari vu qu’il était préoccupée par sa sœur. Ainsi, elle réprima ce qui la hantait, se repliant sur elle-même, torturée par les inquiétudes et les appréhensions, se posant mille et une questions qu’elle n’aurait jamais cru se poser un jour. Son cœur était lourd, et elle prit la route pour Dole, à peine rassurée par une missive de son époux, au moins il voyageait à ses côtés.

Elle retourna aux appartements de son oncle dans la capitale, moins loin que Autrey-lès-Gray et aussi confortable, veillant à se reposer mais encore troublée. Son époux l’assurait ne pas avoir changé mais elle remarquait que oui et désormais les craintes rongeaient son esprit. Serait-il présent ? Retrouverait-elle sa douceur et ses égards ? La façon dont il la regardait et qui la faisait fondre ?

Un soupir s’échappa de ses lèvres asséchées, elle avait beau boire, elle restait sur sa soif constante. C’est alors qu’on lui annonça l’arrivée d’une dame d’âge mur qu’un domestique avait fait entrer après lui avoir demandé son nom et la raison de sa visite. Celle-ci tombait à point et, ne quittant pas la chaleur de l’âtre, elle demanda qu’on la conduise à elle. Trop faible pour se lever, elle la salua néanmoins courtoisement.


Le bonjour à vous dame, soyez la bienvenue à Dôle ! On me dit que ma chère amie vous envoie ?

Elle prit une pause, prise d’une toux

Quel est votre nom gente dame ? Je suppose que si Séwen vous envoie vers moi c’est que vous avez quelques notions médicales ?


--Berthegrace a écrit:
http://data.imagup.com/11/1173020976.jpg

Berthegrace Votre grandeur, mais appelez moi Berthe, et pour répondre a votre question en sus, oui c'est bien notre Séwen qui m'envoie,
elle ne peut quitter son poste au port de Marseille, qui comme vous devez sûrement le savoir s'agrandit, et elle ma prier de venir a sa place..
Pour les notions de médecine, j'ai apprit avec elle et même que je lui en ai aussi apprit depuis tout ce temps.
Elle me fait vous dire bien des choses, et aussi toute ces félicitations pour l'heureuse évènement qui vous égaie, madame.
Mais je vois,
dit elle

que vous toussez et que dans votre état ce n'est pas prudent, mais le terme est bientôt la si j'arrive bien a percevoir,
alors vous pouvez inhale du thym ce qui vous fera du bien, et j'en ai avec moi du thym de la garrigue Provençale, qui se trouve entre Arles et Brignoles..


Berth posa quelques brins sorti de son sac, sur la table a côté d'elle, en ajoutant:


il faudra les faire préparer, en infusions dès que possible.


Jade.de.sparte a écrit:
Elle écouta avec attention chaque parole, tentant de contrôler sa quinte de toux mais la femme devant elle, semblait savoir de quoi elle parlait, elle pourrait aider, elle inspirait confiance, était-ce son âge ou le ton de sa voix ?

Berthe – puisqu’elle voulait être appelée ainsi – je vous suis reconnaissante de votre présence, celle-ci est plus que nécessaire, il n’y a pas que moi de souffrante mais mon époux et sa sœur.

Vous pouvez donner vos directives à Rothrude, ma servante, elle s’occupera de faire préparer infusion et potion selon vos directives.


Nouvelles quintes de toux, joues rouges, la duchesse est fiévreuse

Pour ce qui est de la grossesse, huit lunes ont passé déjà, j’attends que la neuvième passe pour compter les jours avant la délivrance sauf que… je ne sais si cela est dû aux soucis, à mon travail, à mes déplacements ou au mal qui me ronge mais mon ventre se durcit depuis deux jours et se contracte parfois… comme avant la naissance, il est pourtant tôt… à moins que ce ne soit les blessures que j’ai subis ? Je crois que cela pourrait rassurer mon époux si vous m’examiniez et déterminer si je suis apte à me déplacer ou non.


--Berthegrace a écrit:
Berthegrace s’exécuta juste après qu’elle donne les précieuses branches de thym a une chambrière pour qu’elle en fasse de la tisane.
Se trouvant en face de Jade de Sparte, elle lui demanda de se lever, et lui tâta le ventre, et déclara.

Haa ! ben , le bébé que vous portez a envie de sortir votre grâce, maintenant que j’ai senti qu’il se tenait bien la tête en bas,
vu comment votre ventre se tiens, il vous faut vous coucher que je puisse tâter si le terme est proche
..

Attendant avec impatience que la Futur mère s’exécute, en lui apportant sont aide, Berthe parla de Princess qui avait été un bébé si actif et dodu, tout le contraire des enfants que cette dernière avait mis au monde.

Un grand draps fut déposé sur le ventre et les jambes de Jade et Berthe alla au dessous et fit son examens le plus doucement
et délicatement possible, elle qui en avait déjà fait tant et plus,
elle en avait l’habitude, et au sortir de dessous le dit draps , elle fit une grand sourire et annonça .


Votre grâce, si un père doit être averti que bientôt il va le devenir, et bien faite envoyer un page ou un valet avec le message qu’il se presse de venir sécant, car un enfant de plus sera bientôt parmi nous.


En repliant le drap, elle se dit que le moment serait venu que dès que la tisane serait la elle dirait qu’il faudra surement préparer des bacs d’eau et des drap pour une délivrance prochaine.


Jade.de.sparte a écrit:
Jade ne fut pas étonnée qu'elle lui dise que la tête était déjà en bas, lorsque les douleurs l'avaient prises à Luxeuil, elle avait imaginé que le bébé se retournait... déjà. Elle s'installa donc sur le lit, allongée, draps la recouvrant, elle se laissait examiner, ce n'était pas la première fois, elle devait se détendre. Le verdict ne la surprit qu'à peine ; elle sentait bien que la naissance serait plus tôt que prévue.

Le futur papa est ici, je l'aviserai de ne pas trop s'éloigner.

Sa servante se chargea de remettre de l'ordre dans sa tenue et la jeune femme fut prise d'une nouvelle quinte de toux, sentant une contraction qui l'a prend. Reprenant son souffle après qu'elle se soit passée.

Je crois aussi que c'est pour très bientôt Berthe ! Croyez-vous pouvoir aider mon époux et sa sœur qui sont aussi malades ?

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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:32

Maximilien a écrit:
[en direction de Dole]

Le jeune enfant avait finalement quitté la Lorraine, seul avec Ernan son précepteur. Ainsi tous deux avaient dissimulé l'appartenance de Maximilien à la noblesse, et s'étaient vêtus tels des paysans. A son habitude le Frayner ne manquait pas de poser des questions.

Pourquoi nous habillons nous comme ça? c'est très laid.
dit il d'un aplomb qui le caractérise.

Eh bien Maximilien, je fais cela pour que nous puissions passer inaperçus et ne pas nous faire détrousser par des brigands.


Etonné l'enfant répondit tout naturellement.


Mais Ernan, avec mon épée, je suis capable des les repousser moi les méchants, nous n'avons pas besoin de ça. répliqua t'il en levant la manche droite, pendante et toute décousue.

C'est comme ça Maximilien.

Le débat clos, les deux "hommes" partirent en direction de Luxeuil, où ils étaient attendus par l'une des nombreuses connaissances de la duchesse de Mulhouse.
Avant d'entrer dans la ville, Ernan le précepteur, protégea le visage de l'enfant d'un foulard, voulant lui éviter d'être la nouvelle victime d'une épidémie qui se répand à une vitesse grand V. Les deux lorrains s'atelèrent ensuite à trouver l'homme qui les conduiraient jusqu'à leur destination. Ayant un point de rendez vous bien précis, il ne fut pas difficile pour les deux, de le rejoindre.
Quelle ne fut pas la surprise de l'enfant quand il entendit parler le dénommé Findecano. L'homme était anglois, du moins il parlait cette langue, et elle demeurait encore un mystère pour le Sparte. Heureusement pour lui, son formateur et servant Ernan en était pourvu.
Après une rapide conversation, il se conclut que le trio prendrait la route le lendemain, préférant que Maximilien se repose.

Une fois dans la chambre d'une taverne de la ville, Ernan prit la plume pour avertir sa maitresse de leur progression, et de leur arrêt pour la nuit à Luxeuil.

Citation :

Votre Grasce,

nous sommes actuellement à Luxeuil, et nous devrions, si tout se passe bien, reprendre la route dès demain pour Vesoul. Par ailleurs, nous tentons de prendre toutes nos précautions pour protéger Maximilien de l’épidémie qui progresse, malgré que nous ne sachions si elle est déjà arrivée dans la ville.

De plus, sachez qu'il tarde à Maximilien de voir son petit frère ou sa petite soeur. Quant à moi, je prie dieu pour qu'il vous accompagne dans cette dure épreuve qu'est l'enfantement.

votre dévoué,
Ernan.

Une fois la missive partie, les lumières pures s'éteindre.


Jade.de.sparte a écrit:
La fièvre ne l’avait pas quitté depuis les derniers jours, ni la toux, ni les vomissements, ni la douleur. Pourtant, Jade avait continué de travailler, d’être présente auprès de son époux, de sa belle-sœur, sa sœur, sa famille, ses amis. Toutefois, les déplacements, les contrariétés, la maladie et la lourde charge de travail avait eu un effet certain sur sa grossesse. La sage-femme lui avait dit que le temps approchait mais la Sparte n’aurait pu prévoir qu’elle aurait été si exacte.

La soirée avait été mouvementée, le mot était même faible ! Après l’altercation avec une chipie vulgaire, l’inquiétude causée par son fils, la culpabilité ressentie suite à son éducation, l’anxiété de son mari pour la santé de sa sœur, l’ivresse de son mari, ce dernier qui menaçait un jeune homme qui avait osé la toucher, le tout avait été suffisant pour déclencher le travail. Coincée entre deux adultes ivres, un enfant et un adolescent qui voulaient aider, la Duchesse se trouvait désemparée. Si dans la tête de la rousse des attentes s’étaient formées, ce n’était visiblement pas celles-là !

Heureusement, son époux et messire Lestatjeh parvinrent à reprendre suffisamment leur sens pour la ramener à l’hôtel particulier où les d’Avila logeaient. Soutenue par la taille par Ezequiel, les mains posées de chaque côté sur les deux épaules masculines, la future mère avançait à pas irrégulier, au rythme des contractions. Leur arrivée, peu discrète, réveilla une partie de la maisonnée. Elle fut montée à l’étage avec précaution et conduite au lit. Ses mains, agrippées à la chemise de son mari, un regard doux mais implorant dans sa direction, elle lui dit tout bas


Il faut prévenir Berthe et Yarwelh ! Tu pourras aussi quérir ma sœur… rassures ta sœur à son réveil que je vais bien pour ne pas qu’elle s’inquiète de ne pas me voir…

Pas un son de douleur ne franchirait ses lèvres en la présence de son mari, elle ferma donc les yeux en serrant les dents en attendant que la contraction se passe, puis après avoir repris son souffle, continua

Tu dois maintenant sortir mon amour… Dès que le bébé sera là, tu reviendras vers moi… vers notre petit poupon… Mais avant… Laisse-moi ta chemise mon aimé, que je la garde près de moi pour me donner courage et embrasse-moi !

--Berthegrace a écrit:
A la question que Jade lui avait posée sur l’affection dont souffrait son époux et Jarelle, Berthe répondit qu’elle ferait de la tisane
pour tout le monde et que pour eux ce serait du tilleul avec de la menthe accommodé de miel, et que le thym sera mieux pour elle.

Ensuite elle alla préparer ce qu’il fallait au cas où ça deviendrait urgent…

Puis quelques heures plus tard …..

Appelée pat un valet Berthegrace se leva et alla directement dans la chambre de dame Jade, d’où elle entendait déjà des soufflement de douleurs..
Passant devant le futur père qui attendait déjà au dehors elle lui gratifia d’un sourire en disant.


Ca va pas être longuet ca va bien aller..

Mais elle le disait pour tous les papas

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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:34

Ezequiel.a.joaquin a écrit:
Les retrouvailles s’étaient passées dans une liesse certaine, au moins au premier abord. Aux larmes et aux cœurs gros avaient succédé les étreintes et la joie, le bonheur de serrer entre leurs bras l’objet de leur amour, leur autre soi, leur aimé. Une auberge avait ainsi accueilli leurs tendres ébats d’union nouvelle, pour que leurs routes ne se séparent plus, dès lors. Bien sûr, la maladie de Gaby avait assombri le tableau, ainsi que la fatigue de cette fin de grossesse, pour une Jade qui, en sus, tomberait malade.

C’est donc un Ezequiel inquiet qui avait été libéré de cette levée de ban, à laquelle il avait répondu au nom de son épouse. Et l’arrivée imminente du bébé ne soulageait en rien cette inquiétude qui se vissait à son corps. Quand tout s’enchaîne, ainsi, l’esprit en tourbillonne ; et puis un soir, on lève le pied… Pour le coup, c’était surtout le coude. Une tournée, puis deux, puis… jusqu’à ne plus savoir compter, jusqu’à ne plus se rappeler, d’ailleurs, ce qu’est un chiffre.

La soirée s’est déroulée entre hoquets vifs, sourires et rires un peu plus gras qu’habituellement, entre franche camaraderie et légère tension quand un gamin à peine sorti de l’enfance aura posé les mains sur sa femme, et… et c’était l’heure. L’heure pour Baspa – comprenez « Bonheur A Son Papa d’Avila » -, décidait de pointer son nez cette nuit là.

A-t-on idée de naître quand son père tient à peine debout ?! C’est à peu près ce que l’Espagnol baragouinait, aidé lui-même par un camarade de beuverie, alors qu’ils accompagnaient Jade et l’assistaient pour marcher en direction de l’hôtel particulier où ils résidaient et où, de fait, Baspa naîtrait. C’est où, déjà, chez tonton, ou cousin, ou qui que ce soit,
d’ailleurs ?!

Force fut de constater qu’enfin, ils arrivèrent.

Dans quoi s’était-il pris les pieds ? Quel mur avait-il rencontré de l’épaule ? Peu importe, à vrai dire, mais la moitié de leurs gens furent réveillés par le brouhaha qu’il fit en pénétrant dans l’édifice. Il aida à la monter à l’étage, non sans heurts puisqu’il saisit au col et plaqua au mur un valet qu’il avait trouvé trop lent, trop preste, ou peu importe ; il n’avait pas été à la hauteur pour s’occuper correctement de Jade. La seule présence de sa femme, et le fait qu’elle était en mauvaise posture avait retenu sa main, mais lorsqu’il redescendrait, le domestique aurait le droit aux remontrances, plus ou moins physiques de l’Ibère, qui passerait, au passage, ses nerfs.

Son épouse allongée, celle-ci s’agrippa à sa chemise, et il comprit, alors, malgré la nuée un peu nébuleuse d’alcool qui berçait ses méninges, que c’était sérieux, tout ça, et risqué. A sa demande, il fit passer sa chemise par-dessus sa tête, et la lui tendit – par chance, elle n’avait pas connu le moindre incident, et ne portait que son parfum.


Je vais les prévenir, ma chérie. Promis. Tu… Je dois sortir, n’est-ce pas ? Et toi, tu t’occupes de bébé. Moi, dehors ; toi, bébé. Tu vois, je ne confonds pas. J’ai un peu peur, hein, tu sais ? Je vais rassurer Gaby, ne t’en fais pas.

Fou d'inquiétude, il l'embrassa, et sortit, pour faire les cent pas. Dégrisé par l'imminence de sa paternité et pas le souci qu'il se faisait, attentif à chacun des bruits, il sauta presque sur Berthe quand elle se présenta, après l'avoir fait mander, ainsi que Yarwelh. Le message, lapidaire, contenait un "C'est l'heure, venez vite", et avait été signé d'un simple "Ezequiel", suffisant.

- Prenez soin d'elle...

Il la laissa pénétrer la pièce, tâchant au passage de regarder à l'intérieur, à la faveur de l'interstice offert, et fit appeler les domestiques, pour leur ordonner de défaire tous les noeuds possibles et imaginables de la maisonnée, ainsi que de détacher les vaches à l'étable, s'il y en avait. Il savait qu'il devait quitter la maison, les murs lui étaient interdits. C'est donc dans une prière à Sainte Marguerite, doigts resserrés sur une ceinture à base de racines de courge, qu'il a achetée à l'occasion, qu'il se retrouve seul au dehors.

Oui, vraiment, l'accouchement dégrise. Quand c'est celui de sa femme.


Jade.de.sparte a écrit:
Ce n’était pas le premier, aussi savait-elle par quoi elle passerait. La douleur de l’enfantement, elle la connaissait, qu’il faudrait se ménager pour les dernières poussées, que toute son énergie serait concentrée à donner la vie à un enfant conçu dans l’amour et de toute évidence pressé de voir le monde !

Après que Ezequiel l’eut embrassée et sortit, Rothrude, sa servante, qui avait assisté à tous ses accouchements, entreprit d'enlever la robe et les jupons de sa maîtresse afin de la laisser uniquement avec une courte chemise de coton qui ne l'entraverait pas, tout en facilitant le travail de la sage-femme. La fidèle servante noua ensuite ses longues boucles rousses en une natte un peu grossière, point de coquetterie en cet instant. Elle aida la Duchesse à s’installer sur le lit après avoir disposé un drap supplémentaire sur la couche, coussins contre son dos pour son confort, puis activa le feu dans la cheminée en cette nuit froide, alla chercher un chaudron d'eau pour le mettre à bouillir, apporta des linges propres en grande quantité avant de revenir près du lit.

Mais à peine Rothrude revenue près d’elle, voilà que Jade se mit à tousser et… se sentit mouillée... Elle perdait les eaux ! Le drap d’appoint fut rapidement changé, telle était sa fonction, et remplacé par un autre, propre. La mère sentait que la délivrance serait rapide, bien que sûrement pas assez aux yeux du père, la notion de temps pour les parents en ce moment variait sûrement de beaucoup ! Le temps s’était inexorablement écoulé entre son arrivée, celle des intervenants, la préparation de la chambre et de la future mère. Les contractions s’étaient rapprochées et Jade s’agrippait aux draps à chacune d’entre elles, laissant parfois un gémissement s’échapper de ses lèvres, n’étant pas de ces femmes qui hurlent. Entre les contractions, ses doigts crispés relâchaient les draps pour prendre la chemise de son époux contre elle, murmurant des mots doux au bébé, se calmant elle-même par le fait même.


Accroches-toi mon ange, tout va bien ! On va faire ça à deux… papa et moi on va te tenir dans nos bras bientôt!

Les poussées commencèrent..

--Berthegrace a écrit:
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Avec tout cet agitement Berthegrace ne perdait pas une miette de tout ce qui se passait autour d’elle, et voila les chambrières
qui passaient avec l’eau bouillie et aussi d’autres avec des draps ,et d’autre aussi avec des peaux de moutons,
tout cela pour la naissance du bébé…
La nounou de Princess en avait fait des accouchements, mais un déploiement de personne autour d’une femme
lui faisait l’effet d’une fourmilière…
La femme d’âge mure, savait n’es en moins ou était sa place, et elle se planta littéralement devant la jeune femme et
amie de sa maitresse et donna de la voix, pour indiquer la marche a suivre, au chambrières.

Mesdames, il me faut, le drap dessus le ventre et par delà les jambes, ensuite mes ciseaux lavés et posé dans une tasse de vin,
et aussi les liens pour l’ombilique, trempés eux aussi dans la même tasse, posée juste la a côté de moi..


En voyant tout le liquide elle savait que le moment était proches et elle s’adressa ensuite a Jade.

MA fille il vous faudra maintenant pousser a chaque grande douleurs, et arrêter quand je vous le dirai, maintenant si vous êtes prête, je le suis aussi .

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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:37

Jade.de.sparte a écrit:
Les poussées débutèrent. Rothrude se plaça derrière la Duchesse, comme elle l’avait fait pour l’accouchement de Mathilde, pour la soutenir par les épaules, la poussant légèrement vers l'avant alors que la duchesse s'agrippait aux draps, expirant sous l'effort. Une contraction plus forte et plus longue lui déchira les entrailles, laissant échapper un gémissement. La noble souffrait mais elle était trop orgueilleuse pour se laisser aller davantage.

Le temps fila… la nature faisait son œuvre. Ne parlant pas, épuisée par l’effort, le visage en sueur, autant par la fièvre que par les poussées, la flamboyante rousse gardait toute son énergie à se concentrer sur la naissance de ce petit être conçu dans l’amour. Son ventre se durcissait à intervalles réguliers et courts, de fortes poussées la tenaillaient et Jade se mit à murmurer comme une supplique ;


Ezequiel, je veux Ezequiel…

Elle voulait son mari près d’elle pour la soutenir, la réconforter mais, dans un même temps, ne souhaitait pas qu’il la voit souffrir. Elle se souvenait de cette lueur qu’elle avait remarqué dans le regard de son bien-aimé et qu’il lui avait dit qu’il avait un peu peur. La noble soupira, vaincue, ne voulant pas lui causer la moindre inquiétude bien qu’elle se doutait que son aimé devait faire les cent pas en attendant la venue au monde de leur enfant.

Arghhhh !!!

Sous le coup de la douleur, poussant fortement, le son avait franchi ses lèvres, malgré elle, alors que la tête s'engageait, toujours aussi étonnée de constater qu'un bébé arrivait à passer par ce passage si étroit. Les jointures blanchies à force de tirer sur les draps, les cheveux défaits, le corps en nage Jade inspira profondément et poussa… une dernière fois, libérant ainsi son nouveau-né qu'elle entendit pleurer avec force. Sa tête retomba sur l’épaule de sa servante sur laquelle elle était appuyée, épuisée, à bout, mais heureuse, pleurant de joie, parvenant à murmurer faiblement

Fils ou fille ?


--Berthegrace a écrit:
Berthe avait assistée au mieux la jeune femme a mettre au monde une petite merveille pleine de vie,
a laquelle, elle venait de donner quelques coups sur les fesses pour entendre sa belle voix, de petit chattons que l’on essaye de noyer,
lui brisait le cœur..
Le mot étouffé de cette jeune mère lui remit de suite les idées en place, et elle lui répondit de suite..
Hoo votre grâce, c’est une princesse votre bébé une belle princesse qui va être une perle de plus dans votre vie,
j’en suis certaine.

Tout en lui annonçant qu’elle avait un bébé de sexe féminin, Berthe, nettoyait et apprêtait cette petite poupée,
qui ne cessait pas de gigoter et elle avait bien du mal a le faire…

Elle nettoya le petit corps dans de l’eau juste é bonne température, puis la séchât dans des toiles de cotton aussi fin que de la soie,
et c’est la qu’elle vit un grain de beauté en forme d’étoile, ce qui la fit sourire, et elle en avertit de suite Jade, en terminant de l’emmailloter.

J’ai remarqué votre grâce, que votre p’tiotte avait une belle étoile de marquée sur le haut de la fesse gauche,
je pense que notre bon Aristote y a laissé sa marque qu’il en soit bénit..


Son dos la faisait souffrir et en apportant le précieux enfant a sa mère elle lâchât un *Sapristi étouffé de douleur, en se penchant..

Voila votre enfant je vais ouvrir a votre époux, il est temps qu’il vient mais pas longtemps, car vous devez encore faire la
suite et ca va prendre du temps..


Jade.de.sparte a écrit:
Jade reprenait son souffle, peu à peu. L’effort avait été énorme mais avait été subitement oublié en entendant les pleurs de son nouveau-né. Elle attendait le verdict avec hâte, qu’elle ait mis au monde un fils ou une fille lui importait peu, peu importe, les parents en seraient heureux. C’était plutôt la curiosité qui l’assaillait… et savoir si le nourrisson était en parfaite santé. Heureusement la sage-femme ne tarda pas à répondre et la mère jubila de bonheur.

Une petite fille… une petite princesse…

Elle mourrait d’envie de la prendre dans ses bras, de la câliner, de l’embrasser, de lui dire qu’elle l’aimait déjà. Sa servante s’occupa de remettre un peu d’ordre, de ramasser les linges et draps souillés pour les remplacer par des propres, puis de s’occuper de sa maîtresse en lui enlevant sa chemise, la rafraîchir par une rapide toilette après l’effort, lui passer une chainse propre et refaire sa longue natte. Jade, la laissa faire, son attention était concentrée sur les soins que la sage-femme procurait à son nourrisson, obnubilée par ce petit être qui venait d’arriver en ce monde. C’est alors qu’elle entendit que leur petite merveille avait une marque de naissance, un sourire éclaira son joli minois.

Le Très-Haut nous comble en effet.

Elle tendit les bras, fébrile à l’idée de tenir contre son sein cet enfant qu’elle portait en elle, elle l’accueillit avec des larmes de joie et des baisers, examinant ses petits doigts, les comptant, touchant sa peau avec douceur, la regardant avec admiration pendant que sa fille se nourrissait pour la première fois.

Merci Berthe! Elle est superbe cette enfant! Une beauté ! Oui ! Oui ! Faites vite quérir mon époux ! Il doit sûrement faire les cent pas autour de la maison à se ronger les sangs.

Ses yeux ne se détachaient plus de cette petite merveille entre ses bras, lui cherchant des ressemblances avec elle et Ezequiel. Toujours allongée dans le lit mais le dos néanmoins soulevé, sourire aux lèvres, regard émerveillé posé sur le nourrisson, Jade attendait son homme, son époux, le père de cette princesse qui devait se torturer d’inquiétude. Elle l’attendait avec impatience pour lui poser dans les bras leur enfant, l’embrasser et lui dire qu’en cet instant, elle était aussi heureuse que le jour de leur mariage… enfin, si elle parvenait à tout dire !


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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:39

Ezequiel.a.joaquin a écrit:
Ca prenait un temps fou. Ca s’éternisait, non ? Occupé à se ronger les sangs au dehors, à tourner en lion comme un lion en cage - la comparaison avec un tigre étant réservée à ses instants de jalousie, selon sa femme -, doigts serrés sur cette ceinture étiolée d’être trop tordue comme il y passait ses nerfs depuis un nombre incalculable de secondes, pied frappant ça et là un caillou qui aura eu l’audace de se glisser sous sa semelle.

Anxieux, il triturait ses doigts, envoyait valser la ceinture avant de la récupérer, des fois que ça agresse et ennuie Sainte Marguerite – soyons parfois superstitieux, si ça aide. Après un intervalle d’une longueur incroyable, donc, on vint enfin le chercher, pour lui annoncer qu’il était père. Sur le moment, sa première réaction fut de se figer sur place, comme foudroyé. Papa. Il était papa… C’était merveilleux ! Effrayant, oui, mais fantastique !

Bientôt, il se ruait bientôt auprès de son épouse, et, parvenu à la porte, ôta sa coiffe, pour la tenir entre les mains, comme un amoureux adolescent à son premier rendez-vous, intimidé…

C’était l’heure de sa première entrevue avec la princesse de sa vie.


Jade_de_Sparte a écrit:
Son nouveau-né reposant précieusement contre son bras gauche après avoir bu, les yeux brillant de joie, Jade attendait son homme, oubliant déjà peu à peu les douleurs de l'enfantement.

La Duchesse Impériale de Mulhouse admirait ce bébé qu’elle chérissait depuis qu'elle en connaissait l'existence, fébrile de l'attente, brûlant d'envie de montrer leur petite princesse à Ezequiel. Ses prunelles azurs se portaient en alternance de la porte à leur nourrisson, rayonnante. Ses lèvres se posaient avec une infinie tendresse contre le front du nouveau-né, émerveillée.




Lorsque la porte s’ouvrit, Jade sentit les battements de son cœur s'accélérer en sa poitrine, son époux lui faisait toujours cet effet quand il s'approchait d'elle. D'un sourire radieux, elle invita le nouveau père à s’approcher pour mieux lui montrer leur enfant endormie contre elle.

Mon tendre aimé, mon adoré… voici le petit bonheur à son papa ! Nous avons une merveilleuse petite fille !

Ses yeux témoignaient d'un amour infini pour son époux, d'une tendresse indescriptible pour cette enfant qui la comblait de joie et aussi d'une pointe de fierté d'avoir mis au monde une telle beauté. En cet instant, elle ne rêva que du réconfort des bras d'Ezequiel et d'un baiser tendre, amoureux... Jade venait de donner vie à leur futur, à leur amour.

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MessageSujet: Re: À toujours, dans la vie et dans la... naissance *   Ven 12 Avr - 5:41

Ezequiel.a.joaquin a écrit:
Comment était-ce arrivé ? Comment en une seule seconde, était-il passé d’homme à père ? Tout était si semblable, et si différent, alors qu’il passait de responsable de sa femme et des enfants de celle-ci, à celui de parent, à part entière ? Qu’est-ce qui avait changé ? Il le sut à l’instant où il vit Jade, resplendissante, tenir tout contre elle ce tout petit être aux allures de monde entier ; il sut dès lors que de sa vie, il ne dormirait plus sur ses deux oreilles, que chaque jour qui passerait, il maudirait chaque petit caillou qui pourrait blesser sa toute petite, si elle venait à s’y écorcher le genou en jouant.

Son chapeau dans ses mains, et tout grisé qu’il avait pu être auparavant, c’est parfaitement sobre qu’il admirait la scène, sans pouvoir parler ; si ses yeux étaient rougis, ce n’était pas du fait de l’alcool ingurgité plus tôt, non… C’était de sentir un léger flot de larmes y monter, d’émotion, d’émoi. Le sourire de sa femme en invitation, le désormais père s’approcha lentement, déglutissant à l’idée de découvrir ce petit être qui signifiait tant.

S’asseyant sur la couche aux côtés de sa compagne, il déposa un baiser à la tempe de celle-ci, ainsi que son front, à sa chevelure, yeux déposés sur le nourrisson, qu’il mangeait des yeux. La voix un peu éteinte de bouleversement, il parvint à murmurer :


- Elle est si jolie… Notre petite princesse…

Il tendit la main vers la petite joue, et l’effleura du bout de la tranche de son index, tout en laissant le ravissement prendre possession de lui, et plaquer à sa bouche un sourire plein de fierté et d’amour :

- Bonjour, Baspa… C’est papa…

Le visage tourné vers sa femme, il lui offrit un baiser, avant de murmurer :

- Elle est merveilleuse, et tu as fait ce petit bout presque toute seule… Tu sais que je t’aime, n’est-ce pas ? Je crois bien que je suis le plus heureux des hommes ; merci, ma chérie.

Jade.de.sparte a écrit:
Émotive ? La flamboyante l’avait toujours été mais, en ce moment, après des heures d’effort pour donner la vie, pour ensuite la tenir contre son sein après l’avoir porté pendant huit lunes, c’était plus qu’assez pour mettre le cœur en émoi. Son index caressant en douceur la joue du nourrisson, les prunelles azur se baladèrent entre le visage de ce petit être et celui de son époux. Il lui semblait aussi ému qu’elle puisse l’être, et ainsi assis près d’elle, Jade percevait, toute bouleversée qu'elle était, sa chaleur, sa charismatique présence et tous les sentiments qu’il dégageait.

Sa voix… sa voix lui parvint enfin! La superbe rouquine aurait pu en reconnaître le timbre au travers d’une pièce comble d’individus tonitruants. Chaque modulation lui était perceptible et représentait divers états ou sentiments. Ainsi, parfois, elle y entendait les ronronnements tendres, les accents amoureux, les pointes de jalousie, les soupçons d’inquiétude, les rugissements de désir ou les grondements de colère. Cette fois, le son témoignait d’une émotion nouvelle, sûrement sa voix de papa…

Retirant son doigt, elle laissa tout loisir à l’heureux et nouveau père de profiter du visage du poupon, se doutant qu’il voudrait en découvrir chaque trait. Le sourire qu’il afficha ne pouvait trahir ce qu’il ressentait alors qu’il touchait leur ange pour la première fois. La Sparte crût fondre en larmes en le voyant faire, attendrie et des perles liquides ornèrent les cils de la rousse. C’était l’union de leurs corps et leurs cœurs qui avaient permis la création de ce chérubin et déjà Jade la choyait et l’adorait.

Lorsqu’elle entendit Ezequiel répéter les mots qu’il disait à son ventre rond, des larmes franchirent le rempart de ses cils pour laisser une trace humide sur ses joues. La mère répondit à son baiser avec une infinie tendresse et posa avec délicatesse le nouveau-né entre les bras de son père.


On va dans les bras de papa mi cariña *?

Un sourire épanoui se dessina sur son joli minois alors qu’elle trouvait leur enfant minuscule au creux des bras masculins. Un soupir franchit les lèvres de la rousse, oubliant tout des douleurs de l’enfantement en voyant cette petite merveille qu’elle jugeait parfaite.

Merveilleuse ? Elle est ravissante, splendide, que dis-je ? Sublime!

Mère fière ? Pas qu’un peu! Jade s’extasiait sur le bonheur à son papa ! Elle lui trouvait toutes les qualités, jubilait même sur les petits doigts qu’elle comptait et recomptait…

Et tu sais que je t’aime encore plus ?

La phrase magique de taquinerie entre les deux étaient lancées mais de suite, elle revint à la réalité ; il fallait nommer cette perle, cette princesse, ce prodige. Le visage de la jeune femme se tourna vers son époux.

Il lui faut un nom à ce bijou de princesse…


[hrp]* ma chérie[/hrp]

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