Château de Vittel

Domaines des Von Frayner de Sparte
 
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 Une visite attendue, une rencontre surprenante…

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Jade
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MessageSujet: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Lun 16 Juil - 4:17

Romain, fais sceller Tornade

Le fidèle serviteur s’inclina et alla transmettre les ordres de la Duchesse. Celle-ci changea de tenue et revêtit un ensemble vert des plus seyants et dont la jupe lui permettait de chevaucher en amazone. Sa longue chevelure rousse se trouva prisonnière d’un filet, ce qui lui évitait les longues séances de brossage après une chevauchée plutôt tumultueuse ayant toujours l’impression d’être toilettée comme on étrillait sa jument !



Le médicastre lui avait permis de monter et la réaction avait été vive chez la jeune femme, elle voulait aussitôt une balade à cheval ! Elle dévala les marches comme si elle avait eu tous les démons de l’enfer à ses trousses ! Jade exultait véritablement ! Dans la cour d’honneur, sa Tornade était là, prête, piaffant d’impatience autant que sa cavalière ! S’approchant de sa jument, la jolie rouquine l’admirait et de sa main gantée, la caressa en lui murmurant qu’elles allaient bien braver le vent. Le palefrenier vint l’aider à monter et Jade, assise en amazone eut un sourire épanoui.

Allez Tornade, on va filer à toute vitesse !

Elle l’a fit se cabrer, tenant les rênes fermement et d’une légère pression des talons, la Sparte sortit à tout allure de la cour d’honneur du château de Vittel.

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Ezequiel.A.Joaquin
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MessageSujet: Re: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Mer 18 Juil - 3:02

- Gabriela, tu me fatigues ! Non, on ne s’arrêtera pas pour que tu te recoiffes, ni pour que tu boives, ou que tu fasses une énième pause, non, non, non ! ¡ Me tomo a broma para que seas despeinada! ¿ Entiendes ? ¡ Completamente! ¡ Dejas de quejarte, y avanzamos! ¡ Qué me dio a tal hermana! ¡ Compadece tú una vez más, y te devuelvo a la casa!

Furieux, impétueux sur son minorquin, à qui il communiquait sa colère et son agacement, Ezequiel tempêtait après sa sœur qui, depuis qu’elle avait été surprise et démasquée par son frère alors qu’elle s’était déguisée en servante pour l’accompagner jusqu’en Franche-Comté, au mépris de toutes les consignes qui lui avaient été confiées, se comportait en petite gamine caractérielle et capricieuse, comme pour rattraper tout ce qu’elle s’était tue pendant la majeure partie du voyage.

Narquoise, celle-ci lui répondit, avec une morgue évidente et un petit sourire qui en disait long :


- ¡ Oh, perdóneme, señor! ¡ Usted quiere ser el único que ser elegante, y bello, a lo que veo! Te vi, Ezequiel, ponerte tu traje más bello ; te observé, escribirla sin cesar. ¿ Eres enamorado ¿no??

Pour unique réponse, le brun Ibère serra les dents, soupira d’exaspération, et fulmina, en laissant se cabrer Marqués, qui piaffait depuis un moment déjà, et tournait sur lui-même de tension :

- ¡ AVANZO SÓLO!

Sur ces mots, il talonna l’équidé et le laissa partir à vive allure, afin de parcourir au galop les quelques lieues qui restaient encore à le séparer de Vittel ; peu à peu, le château fut en vue, se distinguant dans le paysage, surplombant les environs de ses magistrales tours et hauts murs. Droit et fier sur son minorquin, le torse soulevé au rythme régulier des sabots martelant le sol, les yeux rivés au castel, l’Ibère tiqua à la vue d’une silhouette faisant chevauchée dans sa direction. Ralentissant peu à peu l’animal, il eut un mouvement de stupeur à la vision qui s’offrait à lui. L’identité de la cavalière ne fit bientôt plus aucun doute ; un visage et un corps absolument parfaits, des vêtements d’excellente facture et élégants, une jument andalouse… Il fit stopper Marquès.

- C’est... c'est vous.


Dernière édition par Ezequiel.A.Joaquin le Mer 18 Juil - 15:52, édité 1 fois
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Jade
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MessageSujet: Re: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Mer 18 Juil - 5:41

"Ce qui ne peut être évité, il faut l'embrasser" (W. Shakespeare)

Il avait dit quelques heures… c’était quelques heures de trop. Et la Duchesse, qui souffrait mal l’attente, s’impatientait. Monter Tornade s’avérait une excellente façon d’évacuer la tension latente, le bain n’y ayant pas réussi. La jument répondit rapidement aux impulsions de sa cavalière, le vent soufflait agréablement, le temps était magnifique et la jeune femme décida de remonter la route qui menait à Vittel afin de visualiser le château tel que l’Ibère le verrait. Son cœur battait la chamade en pensant à cette rencontre, tout était pourtant si illogique, si soudain, si impétueux… si différent et si semblable de ce qu’elle était.

Ses yeux lui jouaient un tour se dit-elle. Il lui semblait apercevoir un cavalier qui approchait seul. Sûrement que sa volonté lui faisait imaginer qu’il arrivait plus tôt qu’il ne l’avait dit, aussi continua-t-elle, sans aucun doute, convaincue que son imagination lui jouait quelques vilains tours. Mais ses oreilles se voulaient désormais complices malicieux de ses yeux ! Elle entendait les sabots du minorquin heurtant le sol sans relâche, à cadence régulière. Le cavalier ralentissait tout comme elle le faisait de sa jument andalouse. Les secondes furent suspendues dans le temps lorsqu’elle réalisa que son esprit ne lui jouait aucun tour. Il était là ! Par Aristote ! Et la noble le recevait ainsi ! Elle qui croyait qu’il la verrait élégamment vêtue dans la salle de réception… Il se tenait fièrement sur sa monture, décidément un homme séduisant et de belle prestance. Ses yeux croisèrent les siens alors que l’équidé s’arrêtait à sa hauteur et qu’il murmura quelques mots qui indiquèrent qu’il la reconnaissait. Ses yeux bruns, expressifs, chaleureux et qui lui communiquaient tant… Jade ne put s’en détacher et resta là, figée, incapable d’un seul mot.

Combien de temps resta-t-elle ainsi à le regarder, la jolie rouquine n’aurait pu le dire mais lorsque le peu de raison qui lui restait, revint prendre contrôle de ses sens, elle parvint finalement à articuler quelques phrases presque cohérentes alors que les battements de son cœur s’intensifiaient.


Mi querido… Señor d’Avila… la joie de votre arrivée me comble, il me tardait de vous accueillir ! Permettez que je vous accompagne sur ce chemin qui nous conduit… au Château de Vittel.

Jade se plaça à ses côtés, le détaillant discrètement, ne voulant pas le mettre mal à l’aise mais son visage se gravait en sa mémoire, un charisme incroyable se dégageait de tout son être de même qu’un charme fou qui la captivait. Elle en oublia tout et qu’il arrivait seul, sans convoi, oubliant toute convenance, elle aurait dû lui demander comment avait été son voyage, s’il allait bien mais totalement sous l’emprise de la rencontre, et à leur arrivée dans la cour d'honneur, murmura

Enfin vous êtes là…

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Ezequiel.A.Joaquin
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MessageSujet: Re: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Jeu 19 Juil - 12:27

["La grâce entoure l'élégance, et la revêt." - Joseph Joubert]


Et Dieu qu’elle est gracieuse, et Dieu qu’elle est élégante, dans cette tenue qui la revêt, dans cet ensemble vert, à la fois sobre et apparemment terriblement dispendieux, au vu de la richesse de l’étoffe ; oui, assurément, en plus d’avoir une allure naturellement distinguée, la jeune femme qui s’offre à sa vue possède également un évident goût vestimentaire, et des plus charmants, de surcroît.

Ah ça oui, elle a le la prestance, le port d’une reine, des traits délicats, et sa main gantée sur les rênes, sûre et fière. Il se dégage d’elle une aura, un charme, un charisme indéniables qui font d’elle, si elle ne l’est déjà, l’incarnation de la noblesse, dans son sens le plus pur ; les titres de Grâce, de Grandeur, de Reine, d’Impératrice ont été inventés pour elle, il n’en fait plus aucun doute. Il sourit, l’Ibère, de ses lèvres vieux rose, oui, mais de ses yeux aussi ; ses prunelles pétillantes, étoilées de points d’or, ne la quittent pas, se rivent aux siennes… Il pourrait se noyer, là, tout de suite et à jamais, dans la mer de ses yeux.

Où sont-ils, est-ce que cela a la moindre espèce d’importance. Il n’y a qu’elle, il n’y a que lui, il n’y a qu’eux, et tout le monde peut se réduire au simple espace de ses bras ; il ne s’est pas trompé dans ce qu’il a imaginé : c’est bien elle, son pays, il le sait, comme il la contemple, subjugué. Et c’est elle qui, de deux seuls mots, fait exploser son torse en mille étincelles de joie ; « mi querido », a-t-elle dit, la Délicieuse, « mi querido »… Sait-elle alors que tout en lui, dès lors, lui appartient totalement ? Jusqu’à chacun de ses prénoms, jusqu’au moindre de ses cheveux. Il sourit, éclatant, et comme son cheval se glisse à côté, tête bêche, du sien, prend sa main avec égard ; oh, on sent bien dans sa main qu’il contient à la fois une certaine fougue et une force certaine, contenues toutes deux pour soutenir avec diligence la rampe féminine. Il lui souffle un baise-main, s’arrangeant pour que la pulpe frôle le derme, tout en relevant les yeux vers elle.


- Mi amor… Su maravillosa, deliciosa, délicada, embriagadora, encantadora y sutil Gracia… Pardonnez mon arrivée bien tardive à mon goût ; si je l’avais pu, j’aurais monté Pégase lui-même, mais Marqués est impétueux, et a sa volonté propre… Je vous suis, Su adorada Gracia… Je vous suivrais au bout du monde, fut-ce votre rêve.

Il fait prendre au minorquin le même rythme que celui de la jument andalouse, et pose sa main sur celle de la cavalière, à son murmure, répondant dans un soupir jumeau comme il se penche vers elle :

- Et je demeurerai présent, tant qu’il siéra à votre bon plaisir, Mi amor…

Se redressant, voulant soudain profiter de ce qu’ils sont encore seuls pendant quelques minutes, repoussant l’instant où sa seule compagnie lui serait ôtée, il ose un malicieux :

- Cette jument est magnifique, et vous savez la mener avec une dextérité palpable ; pourquoi ne pas allonger un peu notre trajet ?

Audacieux, l’Espagnol ? Amoureux, plutôt.
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Jade
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MessageSujet: Re: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Ven 20 Juil - 4:05

"Faut-il rejeter toutes les probabilités parce qu'elles ne sont pas des certitudes ?"
Orgueil et préjugés de J.Austen



Il est de ces instants dont les secondes durent une éternité, le temps, en complice idéal, suspens son vol, et les coeurs transis battent alors à l'unisson. C'était ce que Jade éprouvait, une sensation étrange voir même paradoxale alors que son coeur s'affolait sous ce simple baise-main. Sa main gantée dans la sienne perçut néanmoins le geste, l'émotion palpable, la retenue et lorsque sa lèvre effleura l'ivoire de sa peau juste là sur son poignet au-dessus de son gant. La flamboyante rouquine réprima un frisson d'émoi. Mais si ce baise-main n'avait pas été suffisant, il l'inonda de mots doux en sa langue, la laissant subjuguée et charmée.

La Duchesse s'exprimait mal ce qu'elle ressentait, sa logique implacable, reprenait parfois le dessus pendant de très brefs instants où elle se trouvait aussi naïve qu'une adolescente en pamoison. Mais il suffisait qu'il lui parle avec cet accent chaud, ce léger roulement des R, tout était un ravissement pour la noble.

Mais il lui proposait une balade et dans un état quasi second, Jade posa ses yeux sur lui, le regard insistant. Puis le naturel revint et un sourire orna son ravissant minois alors qu'elle lui lança sur un ton de défi


Si vous êtes capable de me suivre bien entendu !

Sans aucune hésitation, ses talons firent une légère pression contre les flans de Tornade, et la cavalière s'élança, filant au galop sur sa jument, ne retournant même pas la tête. La vitesse l'enivrait ou était-ce sa présence ? La façon dont ses yeux se posaient sur elle. Les émotions revinrent la hanter avec force, la distrayant de son but, ralentissant la cadence jusqu'à s'immobiliser, haletante... Le doute l'assaillait, et si ? Lentement, délicatement, sa tête imposa à son cou une légère inclinaison, le cherchant du regard et ses yeux azurs se lèvèrent subtilement vers les siens, ne pouvant se détacher de lui, de ce lien qui se tissait aussi solidement.

Prenons une pause ici, la vue y est superbe sur les environs...

Même si voix avait repris instinctivement son aplomb, il n'en allait pas de même de sa respiration toujours aussi rapide. Et là, sur sa jument andalouse, sur ce petit promontoir d'où l'on voyait les bois encerclés le Château, la jeune femme attendit qu'il l'aide à descendre.

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Ezequiel.A.Joaquin
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MessageSujet: Re: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Lun 23 Juil - 8:00

[Or, donc, dès qu'elle vit Narcisse errant dans des terrains vagues,
elle brûla d'amour pour lui et se mit à le suivre à la dérobée.
Et plus elle le suit, plus elle brûle en approchant la flamme :
ainsi le soufre dont on a enduit le sommet des torches
capte avec vivacité la flamme qu'on approche.
Que de fois elle a voulu t'aborder avec des mots caressants
et t'adresser de tendres prières !]*




Est-il plus enivrant moment que ces instants magiques de rencontre où deux amants s’aimant s’attirent inéluctablement, se cherchent, de devinent, prétendent, taisent et se trouvent de ce qu’ils cachent, avouent, et disent tant à la fois ? Il est le double usage du terme « aimant » quand il s’agit de ces deux-là : ils s’aiment, évidemment, et s’attirent irrémédiablement, comme deux aimants s’étant cherchés si longtemps. Et bien entendu, ce qui caractérise la rencontre de deux aimants, c’est ce choc palpable, décelable, qui se produit alors.

Sonné, le brun Ibère, de la voir enfin se dessiner devant lui ; séduit, l’Espagnol, devant la sylphide rousse à la silhouette parfaite ; charmé, l’Hispanique au tempérament de feu, devant ce regard insistant, et ce sourire qui l’ont à la fois enivré et fait fondre. Il a craqué, plus encore qu’à la lecture des missives : il est achevé d’amour, indubitablement. Et le jeu commence, la danse sensuelle du « je m’approche, tu recules ; tu fend l’espace d’une once, je fais un pas en arrière » ; loin d’être décourageant, le jeu n’en a que plus de piquant, de mordant, d’enivrant. L’Ibère n’est-il pas aguerri au tango, sensuel, félin, brûlant ? Et bien vite, c’est la chasse amoureuse qui commence, comme elle répond à l’invitation, et se plaît à jouer avec habileté des sens de l’énamouré Espagnol, en lançant sa jument au galop.

Un sourire amusé aux lèvres, c’est instantanément qu’il lance Marqués à la poursuite de Tornade ; à propos, laquelle des deux est la plus tempétueuse, la plus fougueuse, la plus renversante ? Ce n’est pas l’équidé, mais bien la cavalière, la plus fiévreuse ; cela ne fait aucun doute.



[Phébus aime ; à Daphné qu'il a vue, il désire s'unir (...)
Il contemple les cheveux de Daphné qui, sans ornements, tombent sur son cou : "Que serait-ce si elle les parait ? dit-il. Il voit ses yeux étincelants comme des astres, il voit sa petite bouche, qu'il ne lui suffit pas de voir ; il vante ses doigts, ses mains, ses poignets, ses bras nus plus qu'à moitié ; ce qu'il ne voit pas, il le suppose plus beau encore. Elle, elle fuit plus rapide que la brise légère (...)]**



Derrière elle, à lui donner la chasse, Ezequiel n’a d’autre choix – et il n’en aurait pas fait un autre, d’ailleurs, est-il besoin de le préciser ? – que d’admirer la vision enchanteresse qui s’offre à lui. La silhouette de la rousse est parfaite ; son port est droit, fier, la cambrure légère de son dos de cavalière… à tomber. Les mains se resserrent sur les rênes, comme pour commander au minorquin de voler presque, pour la rattraper enfin, quand tous les muscles de son corps se bandent de défi et d’ego masculin, viril de volonté. Enfin, elle ralentit la foulée ; il en fait de même, jusqu’à s’arrêter à son côté. Le vent de la course a légèrement décoiffé ses cheveux bruns pour leur donner un naturel certain, la bise qui a sifflé à ses joues a conféré à celle-ci une fraîcheur agréable. D’un mouvement preste, il met pied à terre à son assertion, et c’est d’une main galante qu’il tend vers la sienne qu’il l’invite à accepter son aide, pour descendre de sa monture :

- Puisse Su deliciosa Gracia me faire l’honneur de concéder à ma modeste main l’honneur suprême de l’assister dans sa descente de cheval, ce qui serait une bien trop grande consolation pour mon cœur de vaincu, j’en conviens.

Parle-t-il vraiment de cette course, ou bien est-ce là prémisse d’aveu de ce que son cœur a, bien plus que ployé, rendu les armes, définitivement ?



*Metamorphoses d’Ovide Narcisse et Echo
**Ibid., Apollon et Daphné.

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Jade
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MessageSujet: Re: Une visite attendue, une rencontre surprenante…   Mer 25 Juil - 21:45

"Il n'est pas de plaisir plus doux que de surprendre un homme en lui donnant plus qu'il n'espère."
C.Baudelaire



Elle avait commandé la course de même que la pause, aucune stratégie prévue pour la superbe rousse, l’instinct avait parlé, plus fort que tout. Le naturel n’était-il pas la meilleure tactique de séduction ? Toutefois, cherchait-elle à le séduire ? Pas nécessairement. À lui plaire ? Certes. Hélène, Reyne de Sparte n’eut pourtant que peu à faire pour séduire Pâris au point qu’il l’enlève. En allait-il de même pour elle que pour cette Reyne provenant d’une contrée homonyme de son patronyme ? Jade aurait eu envie de se secouer comme le faisait parfois sa belle jument andalouse, le geste l’aurait sûrement réveillée de ce rêve qu’elle faisait consciemment. Pourtant, elle ne le voulait pas.

Des pensées diverses s’étaient heurtées en son esprit. Comment cet homme qu’elle n’avait jamais vu auparavant, pouvait-il par un regard, l’avoir si facilement ensorcelée. Il était sous son charme, c’était l’évidence. Ce n’était pourtant pas le premier homme qui l’admirait et cela ne nécessitait pas qu’elle réagisse en gamine étourdie. Mais lui ! Jamais elle n’avait vu un tel homme. Éduqué, courtois, un tempérament de feu maîtrisé, une plume enlevée, une prestance à couper le souffle. Le dire beau était un euphémisme tant le charme qu’il dégageait séduisait la duchesse. Elle était attirée, aussi sûrement que si elle avait bu le puissant philtre destiné à Tristan et Iseult. La flamboyante rouquine était conquise avant le moindre assaut.

Sa main lui fit donnée lentement avec à peine un soupçon d’hésitation qui en faisait un mouvement quasi éthéré, le temps fut suspendu lorsqu’il s’empara de cette main qu’elle lui tendait. À nouveau le trouble l’accaparait, l’enveloppait.


Qu’importe vainqueur ou vaincu ? Quelle importance accordée à de telles futilités alors que la nature nous dévoile tant de beauté…

Elle glissa de la selle au sol, sans même le réaliser, sa main dans la sienne, l’azur de ses prunelles rivé sur le marron de ses yeux qui la troublaient. Avait-elle-même conscience de ce qu’elle disait, que le ton employé était quasi surréaliste, que sûrement de ses lèvres franchiraient quelques bêtises tant l’ascendant de l’Ibère se faisait grandissait, la désarmant. Pour peu, elle aurait pris appui sur son bras pour faire quelques pas, admirer le paysage en contrebas, les terres de Vittel… mais dans son rêve éveillé, la jeune femme réalisa qu’elle l’avait non seulement imaginé mais fait !!!

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